Thionck-Essyl
un village Diola
Le peuple Diola est majoritairement installé dans la région de la Casamance et représente environ 8 % de la population sénégalaise. Auparavant, les ancêtres des Diolas vivaient plus à l’est, près du fleuve Niger, dans l’actuel Mali. Chassés par les Malinkés, les Diolas ont dû migrer vers l’ouest et se sont installés en Casamance au 14ème siècle, pour ne pas se soumettre à l’esclavage pratiqué par les malinkés. Ils ont alors fondé plusieurs villages dans les régions de Fogni et du Blouf, dont Thionck-Essyl.
Malgré une forte tradition animiste, les Diolas se sont convertis progressivement au christianisme (environ 2 % à Thionck-Essyl) ou à l’islam. Ils ont conservé de nombreux rituels qui préservent le tissu social à l’occasion de grandes festivités. Les rites d’initiation correspondent aux étapes importantes de la vie : puberté, adolescence, intégration à l’âge adulte. Ils ont lieu dans les bois sacrés. Les fêtes d’initiation qui se déroulent chaque année dans un village différent donnent lieu à la mobilisation de toute la communauté. La foule se rassemble ; les hommes déguisés se déchaînent en dansant au son des pétards qui chassent les mauvais esprits, encouragés par les chants des femmes. Certains rituels concernent celles-ci, tel Ekagalen, rite de la fécondité ; d’autres toute la communauté, telle la cérémonie du koumpo qui permet à des membres de la communauté de se libérer de fautes commises au milieu des danses et des offrandes.
Épris de liberté et très indépendants, dans le passé très résistants à l’emprise mandingue, aux chasseurs d’esclaves et aux velléités coloniales et religieuses (la première mosquée de Thionck Essyl date seulement de 1956), les Diolas sont entre eux très solidaires et attachés à une vie communautaire. L’islam pratiqué est particulièrement tolérant et les rapports avec les chrétiens ne posent pas de problème.
Les mariages, célébrés souvent après la récolte du riz, sont de grands événements qui réunissent de très nombreux invités. Une ou plusieurs vaches sont au menu et on consomme le vin de palme en abondance. La future mariée confiée aux femmes doit subir des épreuves qui attesteront de ses compétences de bonne épouse. Les femmes revêtent leurs plus beaux boubous et les danses sont l’occasion de se lancer des défis. Ambiance et poussière garanties !
La lutte traditionnelle est également un défi que se lancent les villages. Toute la communauté vient encourager et admirer les champions. Les combats sont précédés de danses et d’ablutions magiques. Là aussi, ambiance et poussière !