Les jardins
des femmes
Depuis de nombreuses années, l’association s’est engagée à aider les femmes de Thionck-Essyl, très impliquées dans la vie des quartiers, qui ont un rôle essentiel dans la vie quotidienne. Ainsi, ce sont elles qui entretiennent les jardins collectifs des quartiers, dans des parcelles mises à disposition par la mairie de Thionck-Essyl.
Notre aide concertée avec l’association espagnole a permis d’optimiser ces potagers par l’aménagement de bassins, de puits, de pompes alimentées par des panneaux photovoltaïques. Une formation au jardinage avait d’ailleurs été proposée en avril 2013 pour les femmes de Thionck-Essyl. Le soutien aux activités de maraîchage des femmes reste un des points forts de notre action.
Les jardins des femmes représentent un véritable « plus » pour les familles et permettent de tendre vers une autonomie alimentaire.
Equipements
Outre l’outillage nécessaire à l’entretien d’un jardin potager (pelles, bêches, rateaux, arrosoirs, binettes, …), l’accès à l’eau est l’un des défis les plus importants. Il était nécessaire d’équiper chaque jardin de panneaux photovoltaïques permettant le fonctionnement d’une pompe destinée à remplir les bassins de stockage de l’eau.
Cette première étape rend possible la diversification des cultures et augmente les chances de succès des plantations.
Sécurisation
Malgré un travail acharné et un engagement remarquable des femmes de Kamanar, Bouloup ou Afoulo, les résultats ne sont pas toujours au rendez-vous…
En effet, le jardin d’Afoulo, par exemple, ne permet pas aux familles qui l’exploitent d’avoir des récoltes suffisantes. En cause, les bêtes sauvages, mais surtout les chèvres, les vaches… Pour éviter cela, une seule solution : clôturer le jardin.
Du côté du jardin de Bouloup, le constat n’est pas le même : il est isolé du village et ce sont les singes qui ruinent les efforts des agricultrices. Elles ont donc choisi de ne pas développer certaines plantations.
Témoignage d'un adhérent en février 2016...
>Nous avons visité 3 jardins dans les quartiers de Bouloup, Barancole et Kamanar. Très bon accueil : en plus, on a eu la chance de tomber le jour du repas mensuel à Bouloup avec en prime, danses et musiques. D’une manière générale, on peut dire que les jardins sont bien entretenus, les clôtures sont en bon état, les puits bien alimentés en eau. Il est à noter qu’à Kamanar, une pompe solaire permet de tirer de l’eau du puits vers un bassin, ce qui facilite le remplissage des arrosoirs. Le panneau solaire est nettoyé chaque semaine. Un réseau goutte à goutte est entreposé dans les jardins, mais n’est pas opérationnel car les pompes solaires n’ont pas été installées. Les jardins sont entièrement cultivés; chaque femme, famille?, dispose de 6 bandes de terre d’environ 90 m2. Les cultures sont identiques : oignons, tomates, carottes, navets, aubergines amères, salades. Absence de légumineuses (haricots, fèves…). Présence de quelques hommes qui préparent les bandes de terre. On retrouve le même outillage dans chaque jardin : arrosoir, houe à manche court, kanyandou et divers grattoirs. Aide très ponctuelle des services agricoles : suivi très irrégulier. Choix des semences ? Terres battantes qui croûtent quand les sols sont nus ; peu de matières organiques apportées sur Bouloup et un peu de paille de riz et de résidus d’arachides sur les 2 autres jardins. Problème de salinité à Bouloup, jardin proche des bolongs. Association de maraîchage et de verger d’agrumes sur Barancole et Kamanar ; le réseau racinaire et l’ombrage semblent bénéfiques pour maintenir une certaine fertilité. Observation à compléter : période de jardinage ? couvertures végétales, jachères,… pendant la période des pluies.
Philippe Chauchereau














