La vie quotidienne

à Thionck-Essyl

La vie au village

A Thionck-Essyl, pas de maison coloniale, pas d’immeubles, pas de pancartes de rues, pas de numéros, une seule route goudronnée depuis peu qui traverse le village. Maintenant qu’une route permet de relier Ziguinchor, les automobiles ont fait leur apparition. Pour autant, on se déplace surtout à pied, à vélo ou en Jakarta (moto-taxi). L’eau, on va la chercher au puits et  le réseau électrique est peu fiable ; le bon vieux fer à repasser au charbon de bois est encore d’actualité !
Les automobiles restent rares au village.
A la maison, la femme est encore accroupie pour faire la cuisine ; c’est elle qui sera la première levée pour transporter l’eau sur la tête et le bois pour cuisiner ; elle est chargée de l’épandage, du repiquage et de la récolte du riz qu’elle transportera depuis les rizières. Au cœur de la vie domestique, elle déploie de grandes qualités d’organisation dans les assemblées de quartiers. Regroupées en association les femmes sont particulièrement dynamiques et s’occupent des potagers qui sont de véritables fermes maraîchères.

Le manque de revenus ne favorise pas le commerce : les petites boutiques jusqu’ici limitées tendent à se multiplier. L’argent liquide provient de la vente des mangues et des oranges mais surtout des expatriés nombreux en Europe et en Amérique du Nord. 

Le riz reste la base d’une économie vivrière. D’où l’importance des pluies pour assurer une bonne récolte. Malgré tout, le village n’arrive pas à faire la soudure et les familles doivent souvent acheter du riz.

La récolte du riz

 

Victimes de leur isolement géographique, les essyliens souffrent d’une certaine précarité médicale.  Cependant, un hôpital de district  avec un bloc opératoire est désormais opérationnel mais le manque de personnel est patent. La politique  sénégalaise de lutte contre la malaria porte ses fruits ; les cas de paludisme, fléau local, sont en net recul.

Côté services, il existe une petite banque, une poste, une pharmacie, une gendarmerie  et le téléphone portable a envahi le quotidien à grande vitesse ! 
 
Le taux de scolarisation n’est pas négligeable même si les infrastructures scolaires sont nettement insuffisantes : 4 écoles primaires surchargées, un collège catholique, un collège public, un lycée  avec des effectifs pléthoriques. Depuis quelques années,  en partie grâce à notre association et aux enseignants bénévoles d’ESTEL, les  nombreux élèves déscolarisés sont pris en charge.

Le lycée de Thionck-Essyl