L'autre richesse des bolongs

l'ostréiculture

Si la pêche est une ressource extraordinaire pour les villages de la Casamance, l’élevage des huîtres l’est aussi, même s’il n’est pas très développé.

Au Sénégal, l’huître est généralement cuite au feu de bois puis séchée. Le kilo d’huîtres séchées, qui nécessite environ 40 douzaines d’huîtres, se vendra alors de 4 000 à 6 000 FCFA (soit 6 à 9 €). Bien sûr, il serait plus avantageux pour les producteurs de proposer des huîtres fraîches aux quelques touristes susceptibles de les acheter… mais les infrastructures qui permettent de transporter ce produit fragile sont presque inexistantes.

L’autre défi à relever est de concilier hausse de la production et préservation de la mangrove. Traditionnellement, les huîtres étaient récoltées sur les palétuviers mais cette méthode de pêche a un effet désastreux sur la ressource, qui s’épuise, ainsi que sur l’érosion : en effet, la destruction des palétuviers accélère la dégradation des berges. Il faut donc se tourner vers l’élevage, c’est-à-dire l’ostréiculture. C’est ce qu’ont fait les femmes du quartier de Niaganane. L’Agence Nationale d’Aquaculture du Sénégal a aidé à l’équipement : des coupelles sont installées pour favoriser l’accrochage et la croissance des naissains. Les jeunes huîtres sont alors transférées dans des poches, comme le font les ostréiculteurs français, à cette seule différence que les huîtres sont immergées de façon permanente. Malgré cela, le travail est difficile pour un gain négligeable.

Une demande de partenariat est à l’étude… Des nouvelles lors de la prochaine assemblée générale !

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DÉCOUVRIR

le travail des ostréicultrices

A Thionck-Essyl, les femmes ont pris conscience de la fragilité de la mangrove. Auparavant, elles coupaient les racines des palétuviers pour récolter les huîtres. Non seulement la ressource commençait à disparaître, mais le besoin de régénérer la mangrove est apparu, car c’est aussi grâce à elle que le poisson est abondant.

Désormais, les huîtres sont élevées dans les bolongs, près des palétuviers.  

Sur les poches d’huîtres sont fixés des blocs de polystyrène qui permettent la flottaison et un repérage facilité. 

Ces coupelles reçoivent les naissains et sont immergées de façon à ce que les huîtres croissent.

L’abri sous lequel les femmes nettoient les huîtres après la récolte, avant de les fumer, de les décortiquer et de les sécher.

Le travail est très physique. En plus de la manutention des poches, les femmes passent aussi de nombreuses heures dans le fleuve salé.

Au Sénégal, on ne mange pas les huîtres crues comme en France. Elles sont nettoyées, cuites dans un chaudron puis séchées avant d’être conditionnées en sachets.

Les huîtres sont souvent cuisinées avec du riz cassé très épicé ou bien avec beaucoup d’oignons fondus à la poêle.